La mesure de la rentabilité est l'une des notions qui m'ont semblé les plus abstraites au départ et l'une de celles dont j'ai compris la valeur le plus tard. Les formules de VAN, TRI ou délai de récupération ont d'abord été des outils techniques avant de devenir des outils de raisonnement. Au départ lors du cours on se demande à quoi cela va nous servir, on se plein de devoir retenir des formules complexes mais une fois ces formules utilisées pour un cas concret on comprends tout.
Dans la SAÉ de reprise d'entreprise, nous avons dû évaluer la viabilité financière du projet de reprise. J'ai réalisé un tableau d'amortissement de l'investissement, calculé la VAN sur cinq ans avec différentes hypothèses de taux d'actualisation, et analysé le point mort. Ce qui m'a frappée, c'est à quel point le résultat changeait selon les hypothèses de départ une variation de 10% sur le chiffre d'affaires prévisionnel pouvait transformer un projet rentable en projet risqué. Cela m'a appris à ne jamais prendre un calcul de rentabilité au pied de la lettre sans questionner ses hypothèses.
En stage, j'ai observé un dirigeant soumettant à ma tutrice de stage un projet d'acquisition de matériel pour environ 45 000 euros. Il était convaincu que l'investissement serait amorti en deux ans. En reconstruisant le plan de financement avec les données réelles de son activité, nous avons montré que le délai de récupération était plutôt de trois ans et demi et que la pression sur la trésorerie pendant les dix-huit premiers mois était sous-estimée. Le chef d'entreprise a finalement opté pour un leasing. Cette situation m'a montré que calculer la rentabilité, c'est rendre service à quelqu'un et que l'enjeu n'est pas purement académique.